SARANGKOT
Alors, voilà, c’est reparti dans les escaliers, à flanc de montagne, avec, pour corser le tout, un parapente sur le dos ! Cette fois, j’en suis sûre, ils vont avoir ma peau !
Moi qui avait encore des douleurs dans les mollets, je m’arrête bien sûr tous les 30 mètres, Hervé vole devant nous avec son biplace sur le dos… et il me dit encore, qu’il en bave à cause de la cigarette…. Bishna me propose de porter ma voile… c’est gentil mais non, j’ai pas envie de péter la honte…. Et puis, j’ai dit que je le ferai, alors, je fonce (enfin, c’est un bien grand mot…) Tout le long, on passe devant des maisons, accrochées à flanc de montagne, un sentier, deux maisons, et la vie s’organise, malgré la misère, j’ai l’impression que ces gens sont heureux, toujours le sourire, “Namaste…. do you like Népal ? where do you come from ? aaah France…. ? Parisse…. Maxim’s”
ouai, enfin, comme si Paris était la France, mais ils sont heureux de nous montrer leur connaissance, sachant quand même, que la plupart d’entre eux ne sont jamais sortis de Pokhara, ni allés à Katmandu, et qu’ils pensent tous que la France se trouve juste derrière les montagnes. Pour ceux qui ont la chance d’aller en classe, l’histoire et la géographie ne font pas partie des matières enseignées…. comment tenir un peuple sous son joug ? en le maintenant dans l’ignorance….!
Do you want porters ? no thank’s, quoique je me laisserai bien tenter ! mais j’ai ma fierté après tout.
Les marches n’en finissent plus, je me tasse de plus en plus sous mon matériel, Mitch, derrière moi, allège ce satané sac en me poussant, je perd l’équilibre…, je râle…, bref une journée ordinaire… La nuit commence à tomber, Hervé passe devant deux guest houses, sans s’arrêter…. bon sang… c’est encore loin ? mais Il faut qu’on se rapproche du sommet pour avoir la meilleur vue… Enfin, on s’arrête devant un “restaurant” pompeusement appelé, “Himalaya view”, je vous met la photo en dessous, vous comprendrez mon ironie…
mais ça ne me dérange pas, de me mêler à tous ces gens, c’est même un plaisir, je m’adapte, et je m’en fout si la patronne, cuisine parterre le Dal Bhat qu’elle va nous servir, et je m’en fout aussi, si toute la famille reste là, autour de nous, à nous écouter parler…. on bouscule leur routine, et ce n’est pas si souvent qu’ils doivent avoir du monde à table. C’est vivant le Népal, ça grouille, ça rit, ça discute, même en montagne, il y a des gens partout… et j’aime ce contact, j’ai l’impression de retrouver mon enfance dans nos campagnes, quand les gens savaient encore se parler, s’entraidaient, passaient les veillées autour d’un jeu de cartes ou à se raconter leurs souvenirs… Ici, on se contente de l’essentiel et du vital…. ici…. on vit !
Petit Bémol…. la chambre de la guest house….
j’ai eu beau faire, là j’ai eu du mal…
Une petite pièce, mal aérée, minimum vital, donc, mais surtout, un nuage de poussière qui s’élève quand on s’assoit sur le lit (lit népalais : 1 cadre, 1 planche et 1 matelas, généralement plus petit que la planche, 1 drap suspect, 1 couette encore plus suspect, quant à l’oreiller, on oublie)
Je commence à tousser, j’ai du mal à respirer, moi qui cherchait de l’authentique, et bien, je suis comblée !
Avec Mitch, on se prend chacun un lit, j’hésite à me coucher, lui à mis son sac dessus, s’appuyant contre, il va dormir assis…. je fais de même, je suis mal, je vire les chaussures, le casque… ça ne s’arrange pas, je tousse toujours, j’ouvre grand la porte, un moment, je pense dormir dehors, finalement je sors ma voile, je me couche à plat ventre dessus…. là je retrouve un petit bout de chez moi, tout comme un doudou… c’est ma nai-naile à moi, ça me sécurise et je tente de somnoler… ben ça s’arrange pas… je tourne, je me retourne, je vire, dans la nuit, j’entend un buffalo débarouler devant le gite, je me lève pour refermer la porte, au cas où on se retrouverait avec une vache dans la chambre, je sens des bestioles me piquer, ça me démange, je n’ose pas et je ne veux pas penser à ce que ça pourrait être…
Je pense avoir dormi, environ 2 heures en pointillés…. un coq chante, je suis soulagée, le jour va se lever ! Après une nuit pareille, j’espère qu’on va faire de belles photos, à tous les points de vue, il y a déjà une quantité de monde impressionnante…. malheureusement, les Annapurna restent cachés derrière leur rideau de nuage. Les boules !
On est à plus de 1500 m d’altitude….
Nous descendons à notre restaurant, prendre un café… indéfinissable…. qui n’en a même pas la couleur….
“Very strange” lance Hervé en riant…. je n’arrive pas à boire la moitié de ma tasse…. pas grâve, je ne rêve que d’une bonne douche à Lakeside….
A présent, j’aimerai ouvrir une parenthèse à propos d’un comportement que j’aimerai dénoncer,
et tant pis si je me fais des ennemis…. j’assume, et qu’on vienne me prouver que j’ai tort !
Ce comportement, c’est celui de ces connards de Chinois (j’assume toujours….) qui ne respectent rien, ni personne… et qui se comportent comme des abrutis vis à vis du peuple népalais….
Je m’explique… pendant qu’on buvait notre “café”, la patronne s’était assise, sur le muret, au bord de la terrasse… Un groupe de chinois, se pointe, un des abrutis lui colle son objectif à 60 cm du visage, et il la mitraille en rafale, comme un animal de cirque…. la pauvre est gênée et moi, je suis outrée… le moindre des savoirs vivre, serait déjà de commencer par dire bonjour, et d’ensuite demander la permission de faire quelques photos…. Hervé, réagit gentiment “40 roupies”, l’autre daigne esquisser un sourire, tout en mitraillant cette fois-ci le patron… de mon côté, je sens que la pression monte…. Arrive un deuxième groupe, cette fois-ci, c’est une pétasse prétentieuse…. qui elle, ne daigne même pas répondre quand je commence à monter le ton, “et si elle ne veut pas faire de photo…. qu’est ce que tu fais…?” l’autre imperturbable continue de mitrailler…. “mais je vais lui foutre dans la gueule son appareil et lui faire bouffer… “ et bien croyez moi, elle n’a jamais, eu un seul regard vers moi, comme déconnectée, en clair…. je vous emmerde… là, tout le monde à commencé à gueuler, elle est descendue de quelques mètres, à choppé deux pauvres gosses qui remontaient de l’eau dans leur jarre, s’est encore permis, de faire une mise en scène en la lui faisant porter sur la tête, plutôt que sous le bras… et elle va encore se faire du fric sur leur dos, en vendant ses clichés.
bref, ils se comportent, au Népal comme au Tibet, en conquérants, tout leur appartient… et moi, j’ai de très mauvaises idées….
La parenthèse est fermée !
Retour à Lakeside en parapente… super petit vol calme, j’ai même pu filmer le vol,
devant nous, en bi, la petite famille Burdet : le papa, la maman et le bout de chou
derrière, Soize, et encore derrière…. le Mitch !
Voilà…. les vacances se tirent, j’ai les boules, mais on va tout de suite préparer les prochaines, en commençant par du changement dans nos vies, qu’on ne regarde plus de la même façon, tout a été chamboulé, cette expérience a été plus que positive pour nous, on a des objectifs et on fera tout pour qu’ils aboutissent…
Je vous souhaite, à vous tous de pouvoir réaliser votre rêve tout comme nous avons pu le faire et surtout avec le même bonheur !
NAMASTE












